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Les déplacements de marchandises en Europe : les corridors européens

Impact des nouveaux membres de l’Union européenne sur les corridors de transit

(extrait de l’étude prospective DATAR " La France en Europe : quelle ambition pour la politique des transports ", avril 2003, pp.164 -168)

La concentration des flux sur certains corridors

Fruit de la géographie physique et économique, un corridor de transport est défini comme un ensemble d’itinéraires multimodaux (route, fer, voie navigable, cabotage maritime) supportant le transport de flux internationaux d’une certaine importance.

Ainsi, le couloir Rhône-Saône, entre la Bourgogne et Avignon draine les flux du nord de l’Europe (Allemagne et Benelux) vers la Méditerranée (Espagne et Côte d’Azur) sur deux ou trois itinéraires autoroutiers, trois itinéraires ferroviaires et un axe fluvial, soit environ 10.000 poids lourds et 100 trains de fer par jour.

Cette définition reprend celle de la contribution de la CEMT à l’occasion de la deuxième conférence paneuropéenne des transports (Crète, mars 1994) : "les corridors ont pour objet [.] de mettre en évidence les principales relations de transport dans un contexte paneuropéen.

Ils se présentent donc sous forme de larges bandes pouvant atteindre 100 km, voire même 200 km de part et d’autre de leur axe. Ils ont un caractère multimodal et ne préjugent en rien des différents modes de transports appelés à desservir les relations ainsi déterminées".

La géographie des corridors européens en France est dominée par deux axes principaux, qui ressortent de l’analyse des flux de poids lourds en transit à travers notre pays, mais également de l’examen des flux de fret ferroviaire :

- de la Grande-Bretagne et du Benelux, vers Lille, Paris, Bordeaux et l’Espagne ;
- du Benelux et d’Allemagne, vers l’Alsace et la Lorraine, puis le Val de Saône, le sillon rhodanien, le Languedoc et l’Espagne, avec des prolongements vers l’Italie par les Alpes du Nord et par Marseille et Nice.

Ces deux corridors décrits plus en détail par la suite sont complétés par des axes où les circulations sont plus spécialisées :
- un axe qui va du Nord - Pas de Calais vers l’Est (voie ferrée Dunkerque - Lille -Metz - Strasbourg et autoroutes A26/A5), principalement défini par les transports de marchandises ;
- un axe qui va de la Basse - Seine vers Lyon en passant par Paris, dominé par l’intensité des circulations nationales ;
- deux axes dominés par les flux de voyageurs de Paris vers l’Ouest, et de Toulouse vers Narbonne.

L’évolution des corridors avec l’ouverture de l’Europe vers l’Est

L’ouverture de l’Union européenne et l’approfondissement des relations avec les pays de l’Est ne sera pas sans conséquence sur la géographie des corridors. La méthode des "chemins minimaux" permet de donner une première approche imparfaite de cette évolution.

Il s’agit de rechercher, sur le base du réseau routier existant et de vitesses conformes aux réglementations en vigueur, le chemin minimal qui sépare deux villes données, puis de compter, sur chaque tronçon du réseau routier, le nombre de chemins minimaux qui lient un ensemble de villes données.

Deux exercices prospectifs ont été menés.

Le premier exercice a consisté à étudier quelle pourrait être l’évolution des corridors de transit à travers la France en identifiant les chemins minimaux qui relient les régions européennes, hors la France, de l’Union des 15, puis de l’Union des 27. La différence entre ces deux cartes esquisse les itinéraires préférentiels que pourraient choisir les transporteurs.

Ce sont les flux issus d’Espagne (et du Maghreb) qui restent surdéterminants. Ils induisent toujours deux flux principaux de part et d’autre de la barrière pyrénéenne. On constate toutefois :
- une modification du corridor situé à l’Est de la France : l’essentiel de la croissance concerne la partie sud de l’axe de Barcelone à Valence, où les flux prennent la direction des pays de l’Europe centrale et orientale par Grenoble - Turin et la plaine du Pô, ou par Grenoble - Genève et le Piedmont suisse. C’est donc la partie sud du corridor Est, qui est déjà la plus saturée, qui verra son trafic encore augmenter.
- la persistance du corridor par Bordeaux et Paris, qui se sépare alors en deux flux vers le Nord (autoroute A1) et l’Est (autoroute A4).

Un deuxième exercice a consisté à identifier les itinéraires qui pourraient porter le développement des flux d’origine française vers les pays de l’Europe de l’Est. Il corrobore les conclusions précédentes, à savoir l’importance que prendront dans le futur les axes Est-Ouest que sont l’autoroute A4, la liaison Grenoble - Turin, et la liaison Grenoble - Genève vers le Piedmont suisse.

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