Observatoire Régional des transports du Nord - Pas de Calais
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Les migrations alternantes transfrontalières en 1999

Les caractéristiques principales au niveau régional

Les navettes domicile-travail transfrontalières entre la région Nord-Pas de Calais et la Belgique concernaient 14.370 actifs en 1999 dont 80,2% d’hommes et 62,7% d’actifs de moins de 40 ans (contre 57,7% d’hommes et 50,5% de moins de 40 ans dans le total des actifs occupés de la région).

Il s’agit pour 45% d’actifs travaillant dans l’industrie, de 8,7% d’emplois dans la construction et les travaux publics et de 45,6% d’emplois tertiaires alors que l’industrie ne représente que 21% des emplois offerts dans la région Nord-Pas de Calais contre 70,9% pour le secteur tertiaire en 1999.

Le nombre de navettes transfrontalières a plus que doublé entre 1990 et 1999 le nombre d’actifs migrants passant de 7.063 à 14.370 ( +103,5% ).

Si la part relative des emplois industriels a baissé (57% en 1990) dans le total des navettes, le nombre d’actifs allant travailler dans les industries belges est passé d’environ 4 000 en 1990 à 6 500 en 1999 soit une progression de +62,5% alors que dans le même temps les actifs de la région ayant un emploi en Belgique dans le secteur tertiaire est passé d’environ 2 350 en 1990 à 6 500 en 1999 (+176,6%).

La part de la catégorie "ouvriers" atteignait 67,1% en 1999 dans les navettes à destination de la Belgique contre environ 70% en 1990, soit un léger repli en valeur relative mais avec un nombre d’ouvriers passant d’environ 4 900 en 1990 à plus de 9 600 en 1999 (+95,9%). La CSP "ouvriers " qui n’était que de 30,6% dans l’emploi au lieu de travail en 1999 dans la région Nord-Pas de Calais est donc très sur-représentée.

Les navettes domicile - travail vers la Belgique s’effectuent à 90,5% en voiture particulière (13.007 navettes) avec un maximum de 92,6% pour l’arrondissement de Dunkerque. Le rôle des transports en commun est particulièrement réduit avec environ 2% en moyenne régionale (en usage exclusif), seule la ville de Lille atteint 11,2% avec 34 actifs concernés. Il faut cependant noter que les transports en commun interviennent également pour une bonne partie dans les navettes utilisant plusieurs modes de transport (4,1% en moyenne régionale), qui représentent 11,6% à Lille.

Selon la typologie définie par l’ORHA, 33,5% des navetteurs qui travaillaient en Belgique en 1999 résidaient dans les villes appartenant aux catégories "centres" et "pôles", 38,5% habitaient dans des communes de type "banlieues" et 19,4% résidaient dans le "périurbain".

L’origine géographique des navettes

Le phénomène des navettes transfrontalières concerne essentiellement les quatre arrondissements frontaliers du Nord qui regroupaient 92,7% des actifs migrants de la région contre 94,8% en 1990 ; on assiste donc à une certaine diffusion vers l’intérieur de la région, faible en part relative mais plus sensible en nombre de navettes puisque les migrants résidant dans les arrondissements non frontaliers est passé d’environ 360 à 1.004 entre 1990 et 1999 (+178%).

La part de l’arrondissement de Lille était de 43,75% dans le total des navettes transfrontalières en 1999 (contre 39% en 1990) avec 4.598 navettes vers la Belgique pour la seule zone de Roubaix-Tourcoing soit 32% du total régional et environ +2 500 migrants par rapport à 1990.

Les principales villes d’origine d’actifs transfrontaliers en 1999 sont Tourcoing (1 406 actifs avec environ 34% des navettes identifiées vers Mouscron), Wattrelos(765 dont environ 41% vers Mouscron), Roubaix (585) et Halluin (494).

La même progression sensible des navettes est observée pour les arrondissements de Dunkerque (environ +91% entre 1990 et 1999), de Valenciennes ( +80%) et d’Avesnes-sur-Helpe (+68%).

En dehors de l’arrondissement de Lille, seule une commune dépasse légèrement le seuil de 300 navettes (308 pour Vieux-Condé) et 4 autres se situent entre 222 et 229 navettes (Condé-sur-Escaut, Dunkerque, Maubeuge et Jeumont).

Localisation et caractéristiques des emplois en Belgique

Le lieu de travail en Belgique n’était pas précisé dans 30% des cas en 1999 mais le traitement sur un peu plus de 70% des navettes (10.067) permet une bonne analyse des flux et de leur évolution depuis 1990 (6.390 actifs sur 7.063 avaient une destination connue en 1990).

Les deux provinces du Hainaut et de Flandre-Occidentale accueillaient 87,9% des navettes en 1999 contre 85,5% en 1990, la part relative du Hainaut reste majoritaire (53,2% en 1999) mais en baisse par rapport à 1990 (55,4%) alors que le poids de la Flandre Occidentale est passé de 30,1% à 34,7% sur la même période.

Si l’on admet que la ventilation entre provinces des 70% de navettes dont la destination était identifiée en 1999 et des 90,5% au recensement de 1990 peut être appliquée à la totalité des navettes, on peut estimer que le nombre d’actifs allant travailler dans la province du Hainaut est passé de 3.900 en 1990 à plus de 7.600 en 1999 soit une progression de l’ordre de 95% alors qu’elle atteint 134% pour la Flandre Occidentale qui est passée d’un peu plus de 2.100 navettes en 1990 à près de 5.000 navettes en 1999.

En Flandre Occidentale, l’arrondissement de Courtrai reçoit à lui seul 43% des navettes à destination de cette province avec pour principales villes d’accueil Menin, Waregem, Courtrai et Wevelgem. Dans le Hainaut, ce sont les arrondissements de Mouscron et de Tournai, avec respectivement 33,3% et 24,1% des navettes vers cette province, qui sont les plus attractifs et les principaux lieux de travail sont Mouscron, Tournai et Comines. Le rôle de la région de Bruxelles (4,6% en 1999) reste réduit avec cependant une part plus importante des catégories "cadres et professions intellectuelles supérieures" (22,1%) et "professions intermédiaires" (16,1%) par rapport au reste de la Belgique.

La part de la catégorie "ouvriers" atteint 85,7% des navettes vers la Flandre Occidentale alors qu’elle n’est que de 56,3% dans les navettes à destination du Hainaut où 20,5% des emplois occupés par des migrants transfrontaliers appartiennent à la catégorie "professions intermédiaires". Les navettes vers la Flandre Occidentale correspondent pour 54,4% à des emplois industriels alors que cette proportion n’est que de 42,6% pour les emplois localisés dans le Hainaut où le tertiaire prédomine avec 47,2% des emplois occupés par des actifs de la région Nord-Pas de Calais.

Les principaux flux entre la région et la Belgique

La carte des flux entre arrondissements de la région et provinces belges porte sur environ 70% des navettes pour lesquelles le lieu de travail en Belgique était précisé en 1999. On peut donc considérer que les flux originaires des arrondissements de Dunkerque et Valenciennes sont sous-estimés de près de 35%, cet écart étant de 28% environ pour l’arrondissement d’Avesnes-sur-Helpe et de seulement 24,8% pour les flux à partir de l’arrondissement de Lille.

L’arrondissement de Lille est à l’origine des deux principaux flux de navettes que l’on peut estimer à 2 600 actifs vers la Flandre Occidentale et un peu plus de 2 800 actifs vers le Hainaut. Les navettes domicile - travail s’effectuent respectivement à 93,8% et 89,1% en voiture.

L’arrondissement de Valenciennes est principalement tourné vers le Hainaut avec un flux que l’on peut estimer légèrement supérieur à 1.600 actifs soit environ 63,5% du total des navettes vers la Belgique. La voiture est utilisée comme mode exclusif de transport dans 93% des déplacements vers le Hainaut.

C’est également le cas de l’arrondissement d’Avesnes-sur-Helpe avec un flux dépassant 1.900 actifs vers la province du Hainaut (dont 93,7% en voiture) soit 79,5% des navettes transfrontalières provenant de l’arrondissement.

Les navettes originaires de l’arrondissement de Dunkerque sont à 71,5% à destination de la province de Flandre Occidentale avec un flux que l’on peut estimer à 1.450 actifs dont 93,6% utilisent la voiture comme seul mode de transport. Il faut noter que le flux à destination du Hainaut concerne majoritairement l’enclave de cette province qui est limitrophe de l’arrondissement, le long de la vallée de la Lys.

La progression importante des navettes transfrontalières entre 1990 et 1999 a été nettement plus marquée pour les flux à partir des arrondissements de Lille et de Dunkerque (avec des variations comprises entre +104% et +110% ) alors que l’augmentation, certes forte, n’est que de +48,2% et +55,6% pour les flux de navettes originaires des deux arrondissements de Valenciennes et Avesnes-sur-Helpe à destination du Hainaut.

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